Cercles de feu
  • Éditeur québécois

Trois hommes marchent dans un brûlé de pins gris. Ils cherchent des morilles de feu, ces champignons élusifs qui font l’objet d’une intense convoitise et fructifient là où un an plus tôt rageaient des brasiers dévastateurs. Loin dans le nord du Québec ou de l’Ontario, ils ratissent d’immenses territoires désolés en guettant dans la suie les signes du mycélium. Quand enfin surgissent les mille têtes argentées, ils se consacrent des jours durant au labeur pénible et exaltant de la cueillette. Ils aimeraient se croire seuls; ils ne le sont pas. Car ici se croisent une faune de petits criminels et d’ermites, attirés par l’illusion de la vie sauvage ou l’appât du gain. Très vite les forces de l’entropie se manifestent. Cartes et GPS égarent les hommes et les rejettent contre des barrières d’épinettes noires, des torrents, des marécages. L’épuisement et les blessures les guettent. Pour échapper au désastre, ils devront comprendre une fois pour toutes que nulle créature n’est autosuffisante. 

Œuvre sur la puissance de la nature et les dérives d’hommes livrés à leurs obsessions, Cercles de feu tient du western nordique et du road novel. Thierry Dimanche puise à même son expérience de la mycologie et de la forêt et fait résonner, dans ce roman qui évoque Le trésor de la Sierra Madre et La bête lumineuse, les voix de trois compagnons d’infortune à la poursuite d’un objet qui se dérobe pour mieux les révéler.