Remise de peine

« C’était une période de ma vie dont je ne pouvais parler à personne, et dont je me demandais quelquefois si je l’avais vraiment vécue. » Patrick et son frère sont hébergés par des amies de leurs parents. De ces femmes, ils savent peu : des bribes de conversations, des portes entrebâillées, de fugitifs visiteurs, des visages baignés de larmes, des sourires de façade, et ces mots, de nombreuses fois égrenés, « la bande de la rue Lauriston ». Dans ce monde intangible, les deux frères se tiennent par la main promenant leur enfance au gré d’escapades nocturnes au château voisin et d’excursions à Paris, en attendant qu’un jour prochain enfin quelqu’un vienne les chercher.