Les Débardeurs au port de Québec
  • Éditeur québécois

Au commencement du XIXe siècle, Québec fonde de grands d’espoirs sur le commerce du bois pour relancer son économie. Des centaines de navires battant pavillon britannique remontent annuellement le fleuve pour s’arrêter à sa hauteur, en quête de bois pour le marché métropolitain. De l’avis d’un grand nombre de Canadiens français et d’immigrants britanniques, notamment des Irlandais, voilà l’occasion de pratiquer l’un des nombreux métiers en demande dans le port.
Le travail s’avère par contre souvent dangereux, la protection sociale inexistante et la concurrence entre travailleurs est vive. Québec devient alors un véritable laboratoire pour la mobilisation ouvrière: la corporation de métier, la société de secours mutuel et le syndicat sont autant de modes d’organisation suivis par les travailleurs. La Société bienveillante des journaliers de navires à Québec, toutefois, se distingue des autres. Ralliant des débardeurs canadiens-français et irlandais, elle parvient en effet à imposer les conditions de travail les plus avantageuses de l’époque et à les étendre à l’ensemble des journaliers de la région. Elle deviendra l’un des syndicats les plus puissants au pays, voire même en Amérique.
Le présent ouvrage, solidement documenté, propose la chronique des âpres luttes menées par des travailleurs au moment où l’essor industriel ne prévoyait aucune reconnaissance de leurs droits. La Société bienveillante des journaliers de navire se situe à l’avant-garde de ces luttes, rôle historique que lui a reconnu la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, en 2006. Son histoire tumultueuse méritait qu’on lui consacre un livre.